Interview d'Abd Al Malik

Un phrasé musical
Le rap et le slam


« Le slam permet de mettre le verbe devant, de pouvoir exprimer ce qu'on a dans le c½ur, mais je reste avant tout un rappeur. Il ne s'agit pas de trouver un autre ghetto, c'est de la poésie actuelle et vivante et ça n'a donc pas comme but de pacifier. Mettons le verbe devant. S'arrêter, dialoguer, tout ce qui permet que les gens puissent se rencontrer, échanger, c'est toujours de bonnes initiatives. Dans une société où tout va vite, où on ne prend même plus le temps de se parler, de communiquer normalement, où un sms remplace une conversation, il était devenu vital pour moi de réaffirmer ce qu'était la culture hip hop : un courant musical encore beaucoup trop stigmatisé. Si le verbe revient en force, c'est parce que nous arrivons à saturation, un sms ne suffit plus. »

Le rap et la politique

« La poésie est politique, le verbe c'est toujours une prise de position, c'est politique au sens citoyen du terme. La poésie c'est pour tout le monde, elle créer du lien intergénérationnelle, quelque soit le milieu socio culturel auquel tu appartiens. Quand tu es rappeur, tu écris des textes ancrés dans l'actualité. Pour un jeune français, noir et musulman comme moi, l'actualité est une grande source d'inspiration. Les politiques devraient plus écouter les paroles de nos textes. »

Le rap et les récompenses

« C'est important par rapport au rap et au hip hop en particulier, ça contribue à donner une meilleure image de cette culture. Le Rap est la musique du 21ème siècle et n'a pourtant pas encore la place qu'il mérite. Obtenir un tel prix, c'est obtenir une reconnaissance en quelque sorte, c'est affirmer son existence dans le milieu musical. »

(ndlr : Abd Al Malik a obtenu le prix constantin 2006 qui récompense le talent émergent le plus marquant de l'année)

Le rap et la philosophie

« On a besoin de faire du lien, de se rassembler, que la France d'aujourd'hui soit réellement celle d'aujourd'hui, c'est-à-dire un arc en ciel. On a tous envie de construire ensemble, d'avancer philosophiquement. Pour moi la philosophie, c'est d'abord le fait de vivre. Et tous les philosophes que je respecte, sont des philosophes de la vie, J'aime particulièrement Alain et sa vision de la vie.
Les concepts philosophiques de notre pays sont quand même liberté égalité fraternité, et c'est important de les vivre. Ma démarche c'est donc vivre. »

Le rap et les femmes


« Le rap c'est la soul, le jazz et le blues d'aujourd'hui. C'est une musique qui suit les mouvements de notre société? Et si une partie du rap est misogyne, c'est parce que le monde dans lequel on vit est misogyne. Le rap ne fait que reproduire ce qui se passe dans notre société. »

« Le rap...et le Rappe c½ur»

« Moi je m'exprime toujours avec mon c½ur et mes tripes. Le rap n'est pas monolithique c'est une pluie de météorites. Les Victoires de la Musique prouveront qu'il y a autant de rap que de rappeurs. On est juste des artistes. »

(NDLR : Jacques Seguela a dit d'Abd al Malik qu'il était un rappe c½ur par opposition à rappeur.)

par Katia Abdesselam, 09 Mars 2007

# Posté le dimanche 24 juin 2007 19:45

Modifié le vendredi 10 août 2007 18:19

KISS KOOL (REGI)

KISS KOOL (REGI)
Kiss Kool, alias Réginald Demeuse ou Régi (il préfère), est un slameur de 21 ans dont la spécialité est de vous lire un texte sombre tout en vous faisant marrer.
Il a débuté sa carrière de slameur en novembre 2006 à la Zone (grâce à son ami François) et depuis, il prend son rôle de slameur très à coeur. Les soirées slam, il ne les raterait pour rien au monde, même s'il n'a pas toujours de texte sur lui : parfois, il vient juste pour le plaisir de taquiner les autres slameurs... Il fait également partie des bénévoles de cette maison de jeune, ce qui ne l'empêche pas de slamer ailleurs, tel qu'au Tivoli pour la Fête de la Langue Française ou encore au Carlo Levi pour St-Léonard en couleurs.
Il n'adoptera le nom de Kiss Kool qu'en mars 2007, sous le slogan "c'est frais mais c'est pas grave", suite à un texte qu'un seul mot pourrait qualifier : dégueulasse. Devenu le gigolo des soirées slam de la Zone, il est le premier à rebondir sur les oublis de Dom, même si lui-même a essayé deux fois sans succès de chanter par coeur la chanson de Tryo "Désolé pour hier soir". Dans les tournois, il appréciera d'être juge plutôt que slameur, et sera toujours partant pour aider à promouvoir le slam dans la région. Il fait partie de ces slameurs qui aiment diversifier leurs textes, du poème morbide aux chansons débiles, sans chercher à se donner une image particulière lors de ses passages sur la scène ouverte.

# Posté le lundi 25 juin 2007 10:27

Modifié le jeudi 05 juillet 2007 17:27

L'infirmière (Kiss Cool)

Une aiguille indique 13h20
Une infirmière passe
Un patient l'appelle en vain
Elle est à la masse

Le patient hurle de douleur
L'infirmière n'yprête attention
Cet homme a des problèmes au coeur
Elle est saoulée d'une passion

Une aiguille indique 15h
L'infirmière prend une pause
Le patient a de plus en plus peur
Elle, elle cause

15h15 enfin elle va le voir
Il est pâle et froid
Elle a peine à le croire
Sa mort ne vient pas

Une aiguille dans le bras
Déclare la fin de ses souffrances
Le médecin vient ausculter cela
Il avait pourtant confiance

Il se devait de le sauver
Mais il n'y est parvenu
Il va devoir l'annoncer
Mais il se [tue/tut] !
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# Posté le lundi 25 juin 2007 10:35

FRANCOIS

FRANCOIS
François est un jeune à part entière : contestataire, très positionné, populaire, fêtard et fier d'être Liégeois. S'il a tendance à chercher ses mots lorsqu'il veut s'expliquer, le slam ne lui pose aucun problème, ce qui lui permet de dire tout ce qu'il pense de la société, surtout quand on est toujours prêt à parler au nom du peuple. Quand il ne lit pas (ou chante) ses propres textes, il invite tout le monde à écouter ses articles cinglants, afin de remettre en pratique une tradition perdue : les orateurs publics .
C'est lui qui, en entendant parler du slam, proposa à Kiss Kool et Oriane de l'accompagner à la Zone, histoire de voir en quoi cela consistait vraiment. Aujourd'hui, il demeure fidèle au rendez-vous, malgré ses retours peu tardifs à cause des bus qu'il doit prendre. Il profite généralement d'être au micro pour féliciter les slameurs qui l'ont précédé quand leurs textes lui plaisent beaucoup, ou commenter des événements récents. Ses slams sont surtout messagers, ce qui se comprend quand on sait qu'il fait partie d'un groupe anti-extrême droite et qu'il a participé à la campagne "Avec l'extrême-droite, la cible, c'est TOI". Il tient également la page d'un journal sur le net légèrement satirique, dans lequel il donne ses opinions par des jeux de mots ou des métaphores telles que "l'école est un tremplin mais le plafond est trop bas".
François possède donc au plus haut point la base du slam : dire ce qu'on pense à tous ceux qui sont prêts à l'écouter.
Et nous allons conclure à la manière de François : "Voilà, quoi"
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# Posté le lundi 25 juin 2007 11:01

Modifié le mardi 10 juillet 2007 03:17

Le slam en France (source :www.paris.rfo.fr)

Le Slam, poésie urbaine
Connaissez-vous l'art du "slamming" ? Slamer c'est "claquer" les mots dans une fusion de poésie, de conte et de rap acoustique. Il se pratique à plusieurs, en présence d'un public participant.

Slamer, c'est aussi dire le monde et la société sans complexes, dans un souci de partage. Cette pratique poursuit un objectif ambitieux : revenir à l'essence de l'oralité et aux sources de la poésie.

Les "slameurs" sont légion
Un poème, une boisson. Voilà ce à quoi peut prétendre n'importe quel individu qui lit un texte depuis une scène de bar et devant un public attentif. Peu importe votre origine sociale ou culturelle ; timides, excentriques, "zen" ou provocateurs, toutes les qualités et les défauts des récitants sont admis.
Quelques règles tout de même : l'accompagnement musical et les accessoires sont prohibés, afin de laisser leur plein sens aux mots. Chacun doit limiter la durée de sa prestation, car les « slameurs » sont souvent légion.

Le Slam en France
Dès ses débuts, le Slam est né du besoin de mettre en scène son propre environnement social et d'exprimer son vécu intime. En ce sens, il s'inspire autant de la poésie occidentale que des griots africains.
Bien qu'initié tardivement, le public français a donc adopté cet art avec facilité. Selon certains slameurs, l'art de « claquer » les vers en France serait né dans un bar de Pigalle en 1995. Réunissant pêle-mêle des poètes, des rappeurs et des marginaux, parmi lesquels Pilote le Hot, désormais animateur de scènes Slam à Paris, ce bar a fermé ses portes en 1998. Pilote le Hot décide alors d'organiser des scènes dans les bars de l'Est parisien. La même année, il fonde Slam Productions pour fédérer cette activité encore balbutiante.

« Influer sur le cours des choses »
En France, fidèle à ses origines, le Slam est resté un amalgame de plusieurs composantes. En témoigne l'association originale Uback Concept, basée à Saint-Denis et pionnière dans l'organisation de scènes et de tournois thématiques dans la région parisienne. Membre de cette association et fondateur d'une scène Slam au Café Culturel de Saint-Denis, Lynx-K, initialement rappeur, est facilement passé au Slam en 2000 : « Les rencontres de Slam m'ont permis de faire la connaissance de personnes aux profils très différents les unes des autres ».
Pour Lynx-K, l'objectif de nombre de slameurs français est « d'influer réellement sur le cours des choses. Ici, on est proche de cette idée de communauté de poètes, chère à Marc Smith. Le Slam est une rencontre ouverte à tous, autour de toutes les formes de poésie ».

L'actualité du Slam
D'autres, comme Nada, secondé du collectif « Spoke Orkestra », organisent des sessions en y intégrant plus de mise en scène et de spectacle. Le collectif Slam au féminin fait de même en centrant ses soirées autour des thèmes de la féminité et du spectacle.
Bien que le Slam mette un point d'honneur à rester un art oral, deux fanzines, Slamzine de l'association "Cargo Cosmique", et Politbüro publient des textes et informent de l'actualité du Slam. Plusieurs livres permettent aussi de découvrir des textes originaux mais le choix de l'écrit ne suffit pas à saisir l'ambiance de ces soirées poétiques qui donnent une place de choix à l'expression du corps et de la voix.

Pratiques traditionnelles d'Afrique
Désormais, le Slam a aussi touché Lille, Bordeaux, Marseille, Montpellier, Toulouse, Strasbourg et Lyon. Certains envisagent déjà de former des collectifs aux Antilles et à La Réunion mais, officiellement, les régions d'Outre-mer ne sont pas encore repérsentées.
Pourtant, le Slam ressemble à des pratiques traditionnelles d'Afrique par de nombreux aspects. L'île de la Réunion connaît depuis longtemps le "Kabar fonkèr". Le Kabar fonkèr est une assemblée de poètes, de conteurs et de diseurs de mots qui se réunissent pour écouter de la poésie, généralement dite sans musique.
Initialement, le Kabar se veut un service religieux rendu aux ancêtres selon les croyances animistes malgaches. Aujourd'hui, un Kabar désigne la festivité, le concert, la réunion de plusieurs personnes qui, fidèles à des m½urs encore vivaces, discutent et s'amusent ensembles.

Le Slam au cinéma
Démarche artistique originale et internationale, le Slam a suscité la curiosité des journalistes comme des cinéastes à partir de 1996. Cette année-là, deux documentaires, Underground Voices de Tony Award et Slam Nation de Paul Devlin, sont réalisés sur le talentueux Saul Williams , mi-poète, mi-rappeur et authentique slameur.
Toutefois, c'est en 1997 que cette poésie sera popularisée auprès du grand public grâce à la fiction réalisée par Marc Levin et co-écrite avec Saul Williams : Slam. Ce film met en scène un jeune Afro-américain du ghetto, Ray Joshua, qui, pour une affaire de drogue, va être incarcéré dans une prison sordide.
A l'écart des guerres de gangs, le jeune Noir s'interroge sur la condition sociale de sa minorité. Une jeune femme, enseignante auprès des prisonniers, lui révèle ses talents de poètes. Une fois libéré, Ray Joshua s'essaye à la lecture de ses textes en public et devient un slameur possédé par la passion des mots.
Cette fable moderne obtient la Caméra d'Or au Festival de Cannes en 1998. Les compétitions de Slam sortent enfin de l'ombre.


Timothy Mirthil le 11 avril 2006
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# Posté le lundi 25 juin 2007 11:56

Modifié le mercredi 18 juillet 2007 05:55