Le slam a claqué, la Rotonde a craqué
Au Botanique, le slam, ça claque ! », lancent d'emblée les deux animateurs, Jack et Maky, synchros. Le mot « slam » signifie en effet « faire claquer la langue ». « Donner vie à ses mots », comme dit Maky. Cette année, les Nuits ont décidé de faire la part belle à cet art né dans les milieux urbains de Chicago. Après Abd al Malik et avant Grand Corps Malade mardi, samedi, c'était The Brussels Slam Project, coorganisé par Lezarts Urbains.
Dans une Rotonde pleine à craquer, une vingtaine d'artistes se sont succédé pour enflammer le micro. Comédiens, rappeurs, écrivains, le panel des invités est on ne peut plus métissé, allant du comédien-chanteur Claude Semal (pour son premier slam) à Baloji, ex-membre du groupe Starflam.
Durant deux heures, ces « slameurs » vont conjuguer à toutes les sauces leur passion du verbe devant un public curieux et enthousiaste. Que ce soit à la manière d'un one-man-show, comme le rappeur Pablo Andrès reconverti en « matricule 537, membre-chef de la brigade canine de Bruxelles ». Ou à travers le texte allumé de l'Anversois Sammy Deburggraeve, qui nous gratifiera d'une surprenante ode à la Wallonie et à son « président staliniste », Elio Di Rupo.
Côté humour explosif, Alexis et Hosni l'ont joué façon Eric et Ramzy bruxellois : « On remarque vite que notre ville n'est qu'un carrefour ! Où les Français passent pour la Hollande (...), où les Allemands passent pour l'Espagne. Et nous ? On passe pour quoi ?! » Le duo nous rappellera que « le slam est un carrefour des genres tout comme Bruxelles est un carrefour des cultures. Il ne faut pas le réduire à Grand Corps Malade et Abd al Malik. Ils ne sont pas le tronc. Ce sont deux branches. Et on espère que l'arbre va très vite pousser ». En tout cas, le Botanique a fait germer de nombreuses graines.
FLORIAN LEHUNG